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Attractivité de la fonction comptable : 3 leviers pour attirer et fidéliser les talents - Accounting Transformation Lab, dîner #1

Comment attirer et fidéliser les talents comptables ? Les enseignements de 34 grands groupes

L’Accounting Transformation Lab a réuni, le temps d’une saison, 78 convives directeurs comptables de 34 grands groupes autour de quatre dîners thématiques. Cet article est le premier d’une série de quatre qui reviennent, dîner après dîner, sur la synthèse des échanges. Le premier de ces rendez-vous posait une question simple en apparence, mais structurante pour toute la profession : comment attirer et valoriser la fonction comptable, à l’heure où elle se transforme plus vite que son image ?

De cet échange, trois axes de travail se sont dégagés, formant une grille de lecture opérationnelle pour toute direction comptable qui souhaite agir sur son attractivité : promouvoir, réinventer, innover.

Promouvoir : changer le regard avant de changer les compétences

Le premier constat partagé tient à la perception encore répandue de la fonction comptable, trop souvent reléguée au rang de fonction support à faible valeur ajoutée. Cette image ne correspond plus à la réalité du métier : la comptabilité est aujourd’hui polyvalente, évolutive et transverse, loin des seules tâches répétitives auxquelles on continue parfois de la réduire.

Changer ce regard suppose une démarche active de promotion de la fonction, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. Cela passe par la valorisation des projets menés, le partage de parcours inspirants, et une plus grande ouverture de la fonction, aussi bien en interne qu’en externe. Trois leviers concrets ont émergé des échanges : organiser des ateliers de découverte du métier de comptable pour les autres fonctions de l’entreprise avec lesquelles les équipes comptables interagissent au quotidien (RH, IT, commerce, achats), créer une communauté interne engagée autour d’un club des comptables, et faire de la comptabilité un tremplin vers d’autres carrières internes en favorisant activement la mobilité des talents. L’enjeu est autant celui de l’attractivité externe, pour attirer de nouveaux profils, que celui de la fidélisation interne, pour retenir des collaborateurs qui voient dans la fonction comptable un point de passage vers d’autres trajectoires professionnelles.

Réinventer : vers le compta-analyste

Le deuxième axe déplace le sujet de la perception vers la réalité du travail quotidien. Répondre aux nouveaux enjeux du métier suppose de l’aligner à la fois sur les attentes du management et sur les opportunités offertes par les technologies actuelles. Cette transformation passe moins par une redéfinition que par un élargissement du métier, autour de la notion de compta-analyste.

Ce professionnel ne se contente plus de produire de la donnée fiable ; il l’analyse et en tire des recommandations à valeur stratégique pour l’entreprise. Cette évolution suppose d’associer deux leviers : des outils digitaux puissants d’un côté, une montée en compétences réelle des équipes de l’autre. L’objectif final est de faire des comptables de véritables partenaires du pilotage, capables de contribuer aux décisions de l’entreprise plutôt que de se limiter à en produire les chiffres.

Cette transformation ne se décrète pas d’en haut : elle suppose aussi une évolution du rôle managérial. Les managers doivent devenir les ambassadeurs de cette transformation, former et motiver leurs équipes autour d’une vision commune du métier. Sur le plan opérationnel, les échanges ont fait ressortir plusieurs leviers concrets : déployer des outils modernes et intuitifs (ERP cloud, solutions d’intelligence artificielle, automatisation des écritures, datavisualisation), intégrer une dimension analytique et collaborative dans les plans de formation pour favoriser l’émergence de rôles hybrides entre contrôleur et compta-analyste, et, là encore, organiser des ateliers de découverte croisée entre la comptabilité et d’autres fonctions pour décloisonner les équipes et nourrir l’inspiration.

Innover : au-delà de la seule technologie

Le troisième axe élargit encore le périmètre : l’innovation, dans une direction comptable, ne se limite pas à la technologie. Elle concerne tout autant les façons de travailler et les modes de pilotage.

Le recours à des centres de services partagés (CSP), à l’externalisation (BPO) ou à des structures de pilotage de type PMO constitue une réponse efficace à certains enjeux de productivité. Bien conduits, ces modèles permettent de réorienter les équipes vers des missions à plus forte valeur ajoutée plutôt que de simplement réduire les effectifs. Cette logique d’innovation s’accompagne d’une anticipation assumée de l’arrivée de l’intelligence artificielle et de l’intégration progressive de nouveaux usages : automatisation des tâches répétitives, prévisions comptables assistées par IA, reporting dynamique. En affichant cette capacité à se transformer, la fonction comptable démontre qu’elle est moderne, proactive, et indispensable à la transformation de l’entreprise dans son ensemble – un message qui pèse directement sur son attractivité. Deux pratiques ont été identifiées comme particulièrement efficaces : organiser un concours d’innovation interne à la direction financière, pour stimuler l’engagement des équipes autour de l’amélioration des processus et des usages de la donnée, et promouvoir des outils collaboratifs modernes en faisant des comptables eux-mêmes des ambassadeurs de l’innovation au sein de l’entreprise.

Le regard de Sixthfin

Le déficit d’attractivité du métier comptable n’est plus à démontrer : baisse des vocations, difficulté de recrutement, image encore associée à la saisie et au contrôle répétitif plutôt qu’à l’analyse. Cette perception, pourtant, est datée. Le métier a changé plus vite que son image. L’automatisation ne supprime pas le comptable, elle déplace son rôle : moins de production, plus de contrôle, d’analyse et de fiabilisation de la donnée. C’est un métier d’expertise et de jugement, pas d’exécution.

Cette transformation est aussi, et peut-être surtout, un levier de valorisation RH. Un environnement outillé, où l’analyse prime sur la saisie, où la preuve et la traçabilité sont natives plutôt que reconstituées à la main, change la nature du travail quotidien et donc l’expérience vécue par chaque collaborateur. Attirer, c’est aussi montrer une trajectoire : un junior qui rejoint une direction comptable outillée n’apprend plus à produire des fichiers Excel, il apprend à interroger, challenger et interpréter des chiffres. C’est ce discours qu’il faut porter, en interne comme en recrutement. La modernisation des outils n’est donc pas qu’un sujet de performance : c’est aussi, de plus en plus, un sujet de marque employeur pour l’ensemble de la fonction finance.

Ce que ce premier dîner annonce

Promouvoir, réinventer, innover : ces trois axes ne sont pas indépendants les uns des autres. Ils dessinent une même trajectoire, celle d’une fonction comptable qui reprend la main sur son image en transformant réellement son quotidien. Mais l’attractivité n’est qu’un point d’entrée. Elle appelle immédiatement d’autres questions, que les dîners suivants de l’Accounting Transformation Lab ont permis d’approfondir : comment faire avancer ses propres sujets comptables dans un contexte de transformation globale largement piloté par d’autres, comment concilier vitesse et qualité sans jamais transiger sur cette dernière, et comment choisir les bons projets — et le bon chemin pour les mener — sans épuiser les équipes.

Le prochain article de cette série reviendra sur le deuxième dîner, consacré à une question très concrète pour toute direction comptable : comment agir, plutôt que subir, quand les grands chantiers de transformation de l’entreprise sont décidés ailleurs. Pour prendre connaissance de l’ensemble des échanges de cette première saison, dans leur intégralité et avec les témoignages qui les illustrent, le livre blanc complet de l’Accounting Transformation Lab reste la référence à consulter.


A propos de l’autrice :
Caroline Allouët, Directrice Produit & Stratégie

Expert-comptable et ancienne commissaire aux comptes, Caroline Allouët a bâti son parcours au sein de l’audit et du conseil. Après des débuts chez Arthur Andersen et EY, elle dirige les activités d’audit et de conseil de BDO France, puis rejoint BM&A où elle crée le Pôle Maîtrise des Risques & Compliance. Depuis 2008, elle accompagne les organisations dans l’amélioration de leur performance et la gestion de leurs risques financiers, opérationnels et de conformité, avec une expertise reconnue en lutte contre la corruption. Elle pilote aujourd’hui la feuille de route fonctionnelle et technique de la plateforme Sixthfin et accompagne les clients dans son déploiement opérationnel.

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Publié le 29.09.2026